Si l’écho de leur voix faiblit nous périrons
Paul Éluard
POUR QUE NUL N’OUBLIE
Depuis la première parution des Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord en novembre 1994, cette nouvelle livraison constitue donc le 12e numéro. Elle arrive après la parution des deux volumes (n° 10 et n° 11) consacrés aux Lieux de Mémoire dont le succès montre à quel point dans notre département on reste attaché à connaître ce que fut réellement la Résistance. Grâce à cette somme les Costarmoricains disposent désormais pour chaque canton, pour chaque commune, non seulement du nom des victimes des Nazis et de leurs comparses français, mais aussi d’éléments de leur biographie et de leur engagement, des plaques, stèles, monuments divers et autres lieux de mémoire. La qualité de ce travail avait été saluée lors de sa parution par les meilleurs spécialistes universitaires.
Pour autant on ne saurait s’en satisfaire. En effet beaucoup reste encore à faire en matière d’études et de vulgarisation.
Ce numéro que vous allez lire est consacré aux fusillés des Côtes-du-Nord, c’est-à-dire aux patriotes exécutés après condamnation à mort par un tribunal militaire. Alain Prigent et Serge Tilly ont conçu leur ouvrage sous la forme d’un dictionnaire biographique. Leur travail s’insère dans un travail plus vaste entamé au plan national. Au cours de leurs recherches ils ont collecté 22 lettres de fusillés. Des pensées ultimes rédigées quelques minutes ou quelques heures avant la mort et qui témoignent, face à la servitude et à la barbarie, de ce qu’il de plus grand dans l’être humain.
En ces temps où l’on voit refleurir les plantes vénéneuses et pestilentielles du racisme et de la xénophobie, et où ce qui a pu être réalisé du programme du Conseil National de la Résistance est taillé en pièces sur l’autel d’une frénésie financière sans limite, ce que vous allez lire fait oeuvre utile pour qu’on n’oublie pas.
Notre Comité entend poursuivre ses travaux pour continuer à faire connaître au public, en premier lieu à la jeunesse, ce que fut la Résistance populaire dans notre département. Ce faisant les études que nous menons sont en même temps des actes pour la Paix, pour l’amitié entre les peuples, pour un monde meilleur.
Jean LE JEUNE
Commandant Émile
Saint-Nicolas-du-Pélem,
le 10 avril 2011

Nous dédions cet ouvrage à Marcel Diguerher, Jean Le Lévrier et François Jégou récemment disparus. Membres du groupe fondateur de notre Comité en 1994, ils ont oeuvré à la rédaction et au rayonnement de nos Cahiers.